8 octobre 2021
Temps de lecture 2 mins.

Entendre enfin les cris des victimes

Le moment fort du Festival des Libertés, à Bruxelles, aura été incontestablement l’avant-première, le 26 octobre, de L’Empire du Silence, le dernier film de Thierry Michel. Un quart de siècle de violences en République Démocratique du Congo, dans un film-réquisitoire qui veut casser la chape de silence qui étouffe les cris des victilmes.

Thierry Michel a réalisé 11 films au Congo en 25 ans, dont un des plus connus, avec notre consoeur Colette Braeckman, autrice du livre éponyme, est “L’homme qui réparait les femmes” sur le Docteur Denis Mukwege. En recevant le Prix Nobel de la Paix en décembre 2018, celui-ci avait dénoncé l’impunité des tortionnaires dans son pays, attestée par un rapport de l’ONU, le rapport Mapping. 

Des centaines de milliers de victimes, voire des millions… 

L’Empire du Silence, né du témoignage des victimes, traverse tout le Congo, suivant l’histoire de ce rapport: depuis le Congo jusque dans les coulisses des grandes institutions internationales, depuis les Nations Unies à New York, le conseil des Droits de l’Homme à Genève, le conseil de l’Union Européenne… Lors des projections du film « L’homme qui répare les femmes » au Congo et dans le reste du monde, Thierry Michel et Colette Braeckman avaient été interpellés à de multiples reprises, sur ce que chacun pouvait faire pour que les situations montrées dans le film ne restent pas sans suivi, pour que la population puisse vivre sans crainte de nouvelles violences, ou de se retrouver face à leurs bourreaux. L’objectif du film est de faire comprendre au public belge et international les problèmes d’impunité subis par les victimes congolaises, suite aux massacres perpétrés depuis de nombreuses années dans leur pays , et ce malgré la présence de casques bleus. 

Colette Braeckman et Thierry Michel avaient reçu un Magritte du cinéma pour l’Homme qui réparait les femmes.

Deux experts décapités

En fait, le film part de l’assassinat en 2017 de deux experts des Nations Unies, l’américain Michael Sharp et la suédo-chilienne Zaida Catalan, décapités alors qu’ils enquêtaient sur les récents massacres dans la région du Kasaï, en République démocratique du Congo, où ils venaient de découvrir plus de 60 fosses communes. Ce sont les mêmes, rebelles, militaires et généraux du Congo comme des pays voisins, qui sèment la désolation, avec son lot de massacres et de viols depuis 20 ans en RDC, en toute impunité.

A quoi sert donc l’ONU?

Et pourtant, la MONUSCO, force de pacification de l’ONU créée en novembre 1999, pour appliquer les accords de cessez-le-feu, déploie depuis lors environ 20.000 casques bleus en République démocratique du Congo et dépense un budget annuel de plus de 1,5 milliard de dollars… Pourquoi la mission la plus importante jamais mise en œuvre par les Nations Unies  est-elle un tel échec? 

Avant-première le 26/10 au Festival des Libertés. Réservation

1 Comment

  1. Le film de Thierry Michel est un témoignage bouleversant par un homme qui a vécu l’Afrique depuis plus de 40 ans.Ce document, souvent pénible à voir tellement il nous rappelle les horreurs des camps de concentration et des responsabilités camouflées et inhumaines.
    Heureusement, la présence du Docteur Mukwebe , dont Thierry avait fait le portrait précédemment, nous donne malgré les horreurs des signes d’espoir et d’avenir.
    Merci à Thierry d’avoir mis en exergue les rapports de force, les inutilités des forces de l’ONU, qui « observent », de dénoncer les coupables des atrocités et d’oser montrer et dire ce que l’on cache trop rapidement.
    A VOIR absolument.

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