23 avril 2022
Temps de lecture 2 mins.

Isabel Muñoz nous transporte avec « Trance’n’dance »

En cette période où le monde se trouve dans une série de charnières, écologiques, politiques, militaires , humanitaires, il nous faut aussi porter le regard vers des éléments qui touchent notre sensibilité et nous ouvrent vers le beau, la poésie, l’imaginaire et l’inconnu.

Le Photo Art Center HANGAR, à Ixelles nous offre une exposition d’une photographe – vidéaste espagnole, Isabel Muñoz, qui nous fait voir une centaine d’images et de vidéos. L’ARPNS se devait de vous en parler et vous convier à les partager. Isabel Muñoz , (Espagne 1951) est une portraitiste du corps et raconte des pratiques et rituels qu’elle photographie aux quatre coins du monde.

J’y ai vu des photos, au Japon, en Bolivie , qui m’ont donné la chair de poule; pas nécessairement par leur sujet mais par leur approche lumineuse et tactile des corps qui sont photographiés ou filmés.

L’approche d’Isabel Muñoz est humaine, de peau à peau, de captation de mouvement, de respect d’une tradition, d’intrusion dans un rituel qu’il soit terre-à-terre ou mystique, qui nous imprègne de son regard et nous oblige à fixer l’oeuvre avant de passer à la suivante.

Ses techniques favorites sont les tirages platine-palladium et les formats extra-larges, qu’elle utilise dans son approche de l’étude du genre humain et pour illustrer sa passion pour la représentation du mouvement du corps.

Une série de « primates » ouvre l’exposition sur des singes bonobos car comme l’exprime Isabel  

«  J’essaye de photographier les sentiments, ce que l’on ne voit pas avec les yeux. Photographier le corps c’est un prétexte pour parler de tout le reste, et pour cela, j’ai besoin de retourner aux origines primitives »  

« Immanencia » est la première partie de l’exposition, mettant en valeur l’homme, la terre, le corps en mouvement, que ce soit en Bolivie où les corps sont enduits d’argile, où la matière accroche la lumière , où le mouvement est capté sur un fond noir afin de ne pas être distrait par le monde extérieur.

Ou au Japon, où le butō, danse traditionnelle ,(« Bu » signifie danser et « tō »signifie taper au sol ) hommage à la lenteur, est un appel à l’introspection photographié avec une lumière caressante et enveloppante.

Et toujours au Japon, une série de portraits de vieux , toujours captés en  mouvement , toujours sur fond noir où la puissance du regard magnifie la couleur.

« Agua » nous plonge dans l’impesanteur de l’eau où des corps de danseurs et danseuses immergés dansent sous l’eau enrobés de tissus ou de résidus de plastique.

Une autre série de photos et de videos nous emmène, toujours sous l’eau, dans des mouvements de chevaux dont les jambes s’harmonisent avec l’élément .Un autre projet nous est présenté qui touche l’écosystème : la vie et la mort des coraux. La photographe nous amène à voir des photos sous-marines  « Coralotipia » , réalisées à partir de poudre de corail.

« Extasis » nous initie à des rites japonais où la souffrance est sublimée en énergie et extase. Que ce soient des suspensions de corps ou de l’automutilation d’adeptes taoïstes, la photographe mettra en exergue ce mysticisme ,  cet art érotique avec l’absence de décor  qui trahirait la pureté de l’émotion.

Isabel Muñoz est une photographe de renommée mondiale, très inspirée par la danse et les rites, récompensée par de nombreux prix et remercions l’Espace HANGAR qui nous permet de voir cette approche et passion de la représentation du corps et du mouvement.

Michel Baudour 

Photo Art Center HANGAR  du 22 avril au 18 juin 2022.

Place du Châtelain 18 Ixelles

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